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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:38

 

Fabrication d'un couteau en stock removal (par abrasion)

 

Pour ceux qui souhaitent franchir le pas en s'essayant à la fabrication d'un couteau, je vais essayer de vous montrer les différentes étapes nécessaires à celle-ci ainsi que quelques conseils qui pourront vous être utiles. Je précise que je ne suis pas professionnel et que la façon dont je créai mes couteaux n'est pas forcément la meilleure, mais elle a pour avantage d'être facilement réalisable, et ce, avec peu de moyens.

 

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La première étape, et non des moindres, il vous faut vous fixer vos besoins. Comment allez-vous utiliser votre couteau? Est-ce un couteau de tous les jours, un couteau tactique, un outdoor? Les matériaux que vous allez utiliser doivent être en adéquation avec l'utilisation de votre futur outil. Pour commencer, je vous conseille un acier au carbone. J'utilise un XC75 (pour les curieux, XC définit l'acier au carbone, et le nombre 75, la teneur en carbone. Ici, en l'occurence 0,75%) plus facile à travailler qu'un acier inoxydable, et un pouvoir de coupe faramineux. Pour le manche, vous avez un large choix à votre disposition. Si vous souhaitez une matière synthétique, je vous conseille le micarta. Son polissage est plus esthétique que le G10 par exemple. Côté naturel, vous n'avez que l'embarras du choix. Entre les bois, les cornes, les os, voire même le cuir, un large choix s'offre à vous. Prévilégiez les matières tendres, plus faciles à travailler, et qui évitent de brûler sous l'effet de l'abrasion.

Puis, c'est le murissement d'une idée, d'une forme, d'un style. Et cette idée, il va falloir la coucher sur le papier sous forme de dessin. Rien ne vous empêche d'attaquer directement sur le métal, mais il est plus sûr de se donner une première idée de sa future création sur un morceau de papier. Si vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez recommencer à volonté à contario du métal.

Une fois satisfait de votre croquis, découpez celui-ci. Il va vous servir de patron pour dessiner la forme du couteau sur l'acier. Puis, vous pouvez commencer la découpe de votre pièce d'acier à la disqueuse.

 

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Essayez de couper au plus près de la forme voulue, ce sera toujours ça de moins à enlever par abrasion.

Au final, vous devez avoir un résultat le plus proche de votre dessin original.

 

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IMG 2001Voilà, vous venez de réaliser la moitié du travail. Malheureusement, il vous reste le plus difficile à faire : l'émouture. Pour ceux qui ne sont pas fortunés, comme moi, et donc qui ne possèdent pas de backstand, le système D se doit être de rigueur. Vous n'avez pas 36 solutions. Soit vous trouvez comme moi un ersatz de backstand (une ponceuse à bande que j'ai un peu modifié), soit c'est à la disqueuse que vous devrez réaliser votre émouture. Le résultat est loin d'être garanti mais vous pouvez néanmoins obtenir quelque chose de satisfaisant. Vous pouvez également commencer votre émouture à la disqueuse, histoire de vous donner un angle d'attaque et d'enlever un maximum de matière, puis de continuer au backstand. Attention!!! L'émouture est de loin l'exercice le plus difficile, et délicat. Si vous la ratez, vous pouvez jeter votre pièce et tout recommencer. N'hésitez pas à vous aider de tiges guides que vous allez fixer en travers de votre pièce afin de définir le commencement de votre émouture. Laissez suffisamment de matière pour exécuter votre affûtage à la fin de l'ouvrage.

 

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Une fois l'émouture réalisée, vous devez rendre votre pièce plus dure afin de ne pas la voir se casser ou de devoir l'affûter à chaque fois que vous l'utiliser. Donc, une trempe s'impose. Quel type de trempe? Trempe intégrale, ou trempe sélective? Pour ma part, et sur le conseil avisé de mon maître de stage Paulo Simoes, ce sera une trempe sélective. Outre l'aspect mécanique (souplesse de la lame), il y a aussi un aspect esthétique. En effet, il vous sera possible de révéler votre ligne de trempe grâce à un bain de perchlorure de fer (effet garanti!!!).

 

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Une fois la trempe réalisée, on va se retrouver avec une lame supportant de la calamine. Le travail le plus fastidieux commence. Il va valloir commencer le polissage. Soit vous faites cela au backstand avec un grain de plus en plus fin, soit, vous prenez votre courage à deux mains, et vous faites cela à "la calle". Donc vous prenez une calle de bois ou d'acier que vous couvrez de papier abrasif. Personnellement, après la trempe, je donne un coup de backstand au grain 120 puis j'attaque à la calle au grain 180. Une petite astuce pour vérifier que votre travail est efficient : travailler votre "va et vient" toujours dans le même sens avec le même grain de papier abrasif, puis lorsque vous changer de grain, travailler dans un autre sens. Le but étant, avec le nouveau grain plus fin, d'effacer les rayures de votre travail précédent. Renouveler cette opération avec des grains de plus en plus fin. Exemple : 120 ; 180 ; 240 ; 320 ; 500 ; 600 ; 800 ; 1000. 

 

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Comme je vous l'ai dit précédemment, c'est un travail fastidieux. Mais une fois la lame polie, le résultat est tout à fait satisfaisant, voire surprenant. Pour le polissage, pas de secret. Il vous faut un touret à polir. J'utilise deux pâtes à polir de différents grains, un fin et un très fin.

 

Une fois le travail de la lame terminé, il faut s'attaquer à celui du manche. Il y a un choix tout à fait confortable tant la multitude de matières est existante, comme nous l'avons vu au début de l'article. Pour ce couteau, ce sera de la corne de buffle noir. Je trouve cette matière facile à travailler et très esthétique. Pour cette partie, l'utilisation d'une lime électrique est particulièrement conseillée.

 

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Une fois votre manche grossièrement travaillé, il faut le riveter à votre lame. J'utilise principalement des tiges de laiton d'un diamètre de 2mm achetées chez "Leroy Merlin". Pour le rivetage, il faut que cela tienne bien. Donc, munissez-vous d'un petit marteau et frappez votre tige de laiton afin de créer un méplat. Attention à ne pas laisser d'espace entre la lame et le matériau du manche. Pour un plus esthétique, j'insère une intercalaire de couleur rouge disponible chez "Mercorne". Egalement disponible chez "Mercorne", j'ai inséré sur mon manche un rivet mosaïque. Le rendu est plutôt sympa mais le prix est assez dissuassif (9€ pour une tige de 10cm). La finition du manche se fera à la main avec papier abrasif. Puis un passage au touret à polir vous révèlera tous les éventuels défauts de votre manche. N'hésitez donc pas à le retravailler jusqu'à une quasi perfection. 

 

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Si vous avez une sableuse à votre disposition, vous pouvez effectuer un microbillage de votre lame comme je l'ai fait sur ce modèle. L'effet est vraiment sympa et cela peut eventuellement masquer les imperfections de votre polissage.

 

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Voilà, votre couteau est quasiment terminé. Il ne reste plus qu'à affiler ce dernier. Personnellement, je l'affile au backstand puis je termine à la pierre à eau en grain 3000 puis 10000 pour lui donner un tranchant rasoir. Attention! Pour que votre affilage soit efficace, il faut créer un morfil lorsuqe cous le passer au backstand. C'est à dire qu'il faut qu'apparaisse une formation de matière sur le fil de la lame à l'opposé de votre affilage. Bon courage à ceux qui décident de se lancer dans la fabrication d'un couteau. C'est assez fastidieux mais tellement satisfaisant de voir le résultat final. 

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Published by balducci-knives - dans Pratique
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commentaires

anonyme 28/05/2015 23:56

bonsoir,
Ou trouver le metal?

kokuo 28/05/2014 19:35

Article très intéressant !
Après plusieurs mois d'hésitation je pense me lancer dans la création de mon premier couteaux.
Par contre j'aimerais savoir comment vous avez modifié votre ponceuse à bande.

kokuo 02/06/2014 11:18

Ok merci pour la réponse !

kokuo 28/05/2014 19:35

Article très intéressant !
Après plusieurs mois d'hésitation je pense me lancer dans la création de mon premier couteaux.
Par contre j'aimerais savoir comment vous avez modifié votre ponceuse à bande.

Balducci 01/06/2014 21:21

bonjour,
j'ai acheté une ponceuse à bande à 70€ à laquelle j'ai fixé un méplat en métal pour avoir un support sous la bande. C'est la principale modification que j'ai apporté. Mais vu la puissance de ce genre de machine, il faut être patient pour faire des émoutures. Privilégiez des aciers au carbone, plus faciles à travailler. Bon courage.

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